2026-09-03

Grok Bot, c’est un collègue qui ne rentre jamais

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Ça fait un bout que je me sers de Grok. Tu écris, ça répond, tu fermes l’onglet. Correct.

Grok Bot, ce n’est pas ça.

En août, xAI a ouvert une bêta pour autre chose : de petits collègues que tu nommes, qui gardent leur bureau dans le nuage, et qui continuent après que tu aies fermé l’ordinateur. Ils te tapent sur l’épaule seulement quand ils ont besoin d’un oui. C’est ça, le truc cool. Pas la science-fiction. Le fait qu’ils attendent.

Je vais l’expliquer comme à table. Pas de brochure.

Ce n’est pas un clavardage avec une plus grosse mémoire

Grok, c’est le chat. Tu poses une question, tu reçois un paragraphe.

Grok Bot, c’est plus proche d’embaucher quelqu’un. Tu lui donnes un nom. Réception. Factures. Plancher. Tu lui montres un métier une fois. La fois d’après, il essaie tout seul, sur un ordinateur qui reste allumé quand le tien est éteint. Le matin, tu as une pile de brouillons, pas une page blanche.

C’est pour ça que ça se sent différent. ChatGPT et Copilot t’aident pendant que tu es assis là. Grok Bot fait la passe ennuyeuse la nuit et te laisse le dernier clic. xAI a même montré un exemple que j’ai aimé : 36 courriels rédigés, zéro envoyé. Une personne appuie encore sur envoyer. C’est toute l’idée, et c’est une bonne idée.

Comment tu t’en sers, vraiment

Tu n’écris pas un roman de consignes. Tu t’assois avec lui une fois et tu fais le vrai métier devant lui, comme avec un nouveau. Tu ouvres la boîte. Tu déposes le PDF. Tu pointes les trois chiffres qui doivent matcher. Tu dis à voix haute : s’il concorde, rédige. S’il ne concorde pas, mets-le dans ma pile. Ne l’entre jamais pour vrai.

Ensuite tu le laisses courir à l’horaire. Tu jettes un œil. Tu ne le gardes pas à l’œil comme un enfant. Chez xAI, Emma, dans leur équipe, vérifiait toutes les quinze minutes. Les Bots lui ont demandé pourquoi elle posait encore autant de questions. J’ai ri. C’est exactement moi avec un nouvel outil.

Commence par un. Si tu en fais douze le premier jour, tu vas le haïr jeudi.

Au travail : des mois de Pulsatrix, ensuite le vrai test

Je fais tourner plusieurs applications internes au travail. Elles sont laides dans le bon sens : complexes, précises, faites pour les habitudes d’une shop. Ça fait des mois que je construis Pulsatrix pour qu’un modèle de langue puisse parler à ces outils sans le cirque habituel. L’algorithme, la conversion, le câblage. L’objectif était simple à dire et dur à atteindre : la conversation avec le LLM et l’outil de travail doivent faire un seul geste.

Le vrai test, ce n’est pas une démo. Le vrai test, c’est une boucle complète. Billet qui entre, correctif qui sort, utilisateur content, billet fermé. Moi au milieu seulement pour un oui.

La facture qui n’était pas là

Une utilisatrice a ouvert un billet. Les factures ne s’affichaient pas correctement dans un de ces outils internes. Le billet était… un billet, si on est généreux. Très léger. Presque pas de documentation. Typique. Je vais plus loin : c’est 98,5 % des utilisateurs, et je ne suis même pas fâché. Les gens veulent voir la facture. Ils ne veulent pas écrire un roman.

J’ai un job sur Grok Bot qui ramasse des billets tout seul. Il regarde ce qui est ouvert, il regarde ce à quoi il a vraiment accès, il décide ce qu’il a le droit d’essayer, et il me demande avant de toucher à quoi que ce soit. Analyse autonome. GO humain.

Il a trouvé celui-là.

Il a balayé le tableau. Il a fait l’analyse. Il m’a envoyé une demande d’approbation : ce billet, cette raison, c’est dans ma portée. J’ai dit oui.

Ensuite je suis resté là, à attendre que ça tombe.

Il s’est connecté à notre GitLab. Il a cloné le code. Trouvé le bogue. Ouvert une branche hotfix. Commit. Écrit ce qu’il avait fait. Laissé une note dans ConnectWise à cette utilisatrice-là : peux-tu vérifier si la facture est là, maintenant. Il s’était déjà branché sur le serveur qui héberge cette appli et avait poussé le correctif en test. Il s’était même laissé une tâche : surveille ce billet. Si elle répond, lis. Si elle dit que c’est réglé, continue. Si elle dit que c’est encore brisé, ne fais pas semblant.

Quelques heures plus tard, elle a répondu. La facture est là.

Le Bot a écrit : c’est bon, je vais fermer ce billet puisque c’est réglé.

Il a fusionné la pull request. Livraison finale. Terminé.

Je regardais le film en m’attendant à un échec quelque part. Un commit niaiseux. Une note à la mauvaise personne. Un déploiement qui n’en était pas un. Ça n’a pas planté. Ça a dépassé ce que j’avais dans la tête pour une première boucle complète.

Le plot twist, c’était le deuxième billet

Ensuite il m’a demandé de travailler sur un autre. Même processus. Même approbation. Même clone, branche, correctif, test, note.

Sauf que cette fois, deux utilisateurs avaient rapporté le problème.

Il n’a pas fermé quand le premier a dit merci. Il a attendu les deux confirmations. Seulement là, il a traité la chose comme résolue et il a continué.

C’est ça, le bout que j’attendais de voir rater. Deux humains, un bogue, et un Bot qui n’est pas impatient. J’aurais été content d’une première boucle brouillonne et d’une leçon. J’ai eu une boucle propre, puis une deuxième qui savait compter jusqu’à deux.

À la maison : mon Unraid, de A à Z

J’héberge mon affaire sur Unraid, dans le labo sous l’escalier. Les petits services qui gardent la maison ennuyeuse dans le bon sens. Unraid parle déjà GraphQL, ce qui veut juste dire que la boîte peut décrire tout ce qu’elle est capable de faire.

J’ai pointé Pulsatrix là-dessus. Pulsatrix, c’est un outil que j’ai construit. Il prend cette carte GraphQL et la transforme en MCP : un jeu de vraies mains que Grok Bot peut utiliser. Pas un clavardage qui parle du serveur. Des mains. Démarrer un disque. Lire un journal. Relancer un conteneur. La boîte au complet, de A à Z.

Une fois ce lien-là en place, Grok Bot ne devine plus. Il opère le labo comme je le ferais, sauf qu’il n’a pas besoin de moi sur le divan avec un portable.

L’urgence de ma fille

Ensuite le serveur média est tombé.

J’ai reçu un texto de ma blonde. Notre fille n’était plus capable de regarder ses émissions préférées. Dans cette maison, ce n’est pas un billet. C’est une urgence.

J’ai demandé à Grok Bot de faire une enquête complète et de remettre le service en ligne. Il a trouvé la cause. Il a réparé. Il a écrit ce qu’il avait fait. Et il m’a appelé « sir ».

Je ne vais pas prétendre que c’est ça, le vrai sujet. Le vrai sujet, c’est la pile : Unraid, les outils MCP que Pulsatrix a bâtis à partir du GraphQL, et le Bot qui a fait le quart de nuit sans que je rampe sous l’escalier. Ma fille était retournée à son émission. Je devais encore dire GO sur les bouts qui font peur. Il a quand même dit sir. Je prends ça.

Ce que je ne lui laisserais pas toucher. Pas encore.

Entrer la commande pour vrai. Parler à une machine sur le plancher. Changer le pare-feu. Écrire à un client avec l’adresse de la cie, tout seul. S’asseoir sur le même portable qui paie les fournisseurs.

C’est le genre de job où tu ne peux pas « undo ». Grok Bot, aujourd’hui, c’est un très bon collègue personnel. Ce n’est pas toute la cie. Traite-le comme un stagiaire vif avec la clé de la photocopieuse, pas comme un nouveau directeur.

Essaie-le une semaine, si tu veux

Lundi : prends une boîte qui fait déjà mal. Fais un Bot. Trois règles sur un papillon : ce qu’il peut lire, ce qu’il peut rédiger, ce qu’il ne doit jamais envoyer.

Mardi : fais le vrai métier une fois, devant lui.

Mercredi à vendredi : ouvre seulement la pile à approuver.

Vendredi à 15 h : compte les heures que tu as récupérées, les erreurs, et la frayeur. Si la frayeur, c’est « il a failli l’entrer », tant mieux. Ça veut dire que tu as laissé le dernier clic à un humain. S’il n’y a pas eu de frayeur parce que tu ne l’as jamais branché sur le vrai système, encore mieux.

Je pense que c’est le premier de ces outils qui parle comme un collègue, pas comme un magicien. C’est pour ça que ça m’intéresse. Pas parce qu’il va tenir une usine tout seul. Parce qu’il va prendre un billet, attendre mon oui, livrer un hotfix, attendre que deux humains disent que c’est bon, remettre les dessins animés à la maison, et m’appeler sir quand même.

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