2026-02-18
J’étais au panel TALAN à Trois-Rivières

Le 18 février 2026, j’étais au panel, à Trois-Rivières. La tournée s’appelle Talan — Impératif productivité, portée par la FCEI et Manufacturiers et Exportateurs du Québec. L’arrêt, c’était à L’Ouvrage. La question dans la salle n’était pas polie. Pourquoi la productivité manufacturière du Québec est-elle encore en retard, après le choc américain, dans un monde qu’on est en train de réécrire en public.
Je n’étais pas dans le public. J’étais sur la scène. Transformation numérique, IA, automatisation: c’est la chaise qu’on m’a donnée. La photo, c’est la salle. J’y suis.
La matinée est sur la page de l’IDETR. Je ne vais pas réécrire leur programme. Je vais écrire ce que ça fait de s’asseoir là.
Pourquoi la salle n’était pas optionnelle
Les manufacturiers du Québec sont en retard sur la productivité. Tout le monde dans cette salle le savait déjà. La crise américaine a juste parlé plus fort. L’urgence sans mesure, ça reste un discours. La tournée existe parce que le discours ne suffit plus.
Quatre raisons sur l’invitation, sans les emojis. Briser le statu quo avec de l’information vraie, des fournisseurs, et de l’argent qui existe. Monter la cadence avec des outils neufs, y compris l’IA. Former les gens, gérer le changement, compter le ROI, suivre. Comprendre ce que les gouvernements financent vraiment. Ce sont des raisons d’adultes. Elles tiennent seulement si quelqu’un dans l’usine peut pointer un chiffre lundi.
Ce que Mathieu a mis sur la table
Mathieu Antoine a ouvert. Expert manufacturier, pas une mascotte. Il a marché une consultation que je n’avais pas vue emballée de même: une vingtaine d’experts, plus de deux cents entreprises manufacturières, PME et grandes, sur la posture réelle face au défi de productivité.
Je ne vais pas prétendre que j’ai appris chaque slide. Ce que je garde est plus simple. La posture, c’est l’histoire. Certaines shops mesurent. Certaines shops achètent. Certaines shops attendent un programme. Attendre, c’est aussi une posture. Ça ne se voit juste pas sur une bannière.
Les gens avec qui j’étais assis
Après Mathieu, le panel. Julie White, PDG, Manufacturiers et Exportateurs du Québec. Alchad Alegbeh, analyste à la FCEI. Marie Lapointe, PDG, Association de l’industrie électrique du Québec. Francis Brouillard, directeur général adjoint, Innovation et Développement économique Trois-Rivières. Et moi.
Je ne parle pas pour eux. Je ne leur mets pas de phrases dans la bouche. Ce que je peux dire, c’est le grain de la table: des usines, pas des decks. La main-d’œuvre, pas un slogan sur le talent. L’IA comme un outil que tu branches dans un vrai process, pas un keynote. De l’argent qu’un CFO peut défendre, pas une affiche sur l’innovation.
Un panel, c’est une courte heure. Tu ne répares pas un secteur en une courte heure. Tu peux refuser la version niaiseuse de la conversation. La version niaiseuse: acheter la plateforme, embaucher le consultant, attendre Ottawa. La version moins niaiseuse: mesurer la ligne que tu as déjà, former les gens qui la tiennent, mettre de l’IA là où un mardi fait déjà mal, et garder un humain sur le dernier clic.
Ce que j’étais là pour dire
On m’a demandé parce que je vis dans le milieu laid: les usines, les outils internes, l’écart entre une démo et un quart. Une productivité que tu ne peux pas restaurer, c’est une démo. Une IA qui écrit dans un système sans porte, c’est un pari. Un pari, ça excite une salle. Ça coûte cher sur un plancher.
Je reviens toujours au même ordre. Voir le vrai process. Compter quelque chose de petit. Changer une boucle. Garder la personne qui possède déjà l’exception. Si l’outil ne peut pas vivre avec cet ordre-là, ce n’est pas un outil de productivité. C’est un achat.
La formation n’est pas un badge. La gestion du changement n’est pas une slide. Le ROI n’est pas un espoir. Le suivi, c’est le bout que tout le monde saute parce que c’est plate. Plate, c’est le métier.
Après L’Ouvrage
Je suis rentré dans la même ville. C’est tout l’intérêt d’un arrêt local. Tu ne débarques pas, tu ne joues pas à l’énergie, tu ne repars pas. Tu t’assois avec des gens qui vont encore être là jeudi.
Si une shop est partie avec trois objets à compter, la matinée a payé. Si elle est partie avec un mot, non. Je préfère qu’on se souvienne d’une phrase du panel que de mon titre sur le programme.
Mesurer. Ensuite toucher. Ensuite suivre. J’en ai dit une version sur scène. Je la dis encore ici.



~/comments
Commentaires